Dernière mise à jour de la page le 19/01/2024

Zoom sur ... les épandages de produits résiduaires dans le Haut-Rhin

Intérêt agronomique et innocuité garantis

Les produits résiduaires (PR), issus des collectivités et des installations classées, ne peuvent être épandus en agriculture que s’ils respectent 2 critères :
– présenter un intérêt agronomique pour les sols et/ou les cultures,
– apporter toutes les garanties d’innocuité pour les terres, les plantes et le milieu environnant.
Ainsi, leur recyclage agricole est l’une des pratiques les plus réglementées en France. Nous vous proposons donc un tour d’horizon des produits valorisés localement (hors composts de déchets verts et FFOM), en quelques chiffres clés. Plongez au cœur de la filière Haut-Rhinoise.

Les Produits Résiduaires dans le Haut-Rhin

En 2020, 44 ouvrages d’épuration collectifs urbains, parmi les 93 que compte le département, ont évacué des boues, pour un tonnage global de près de 14200 t de MS. On note une légère baisse par rapport aux années précédentes, notamment suite à la pandémie de covid-19. Toutefois, la production des collectivités est relativement stable depuis 2000 (14000 à 16000 t MS/an).
Invariablement, 60 à 70 % sont valorisés en agriculture annuellement et 30 à 40 % sont orientés en filière alternative, majoritairement l’incinération.

Les 10 industriels haut-rhinois qui recyclent pour partie leur déchets en agriculture ont produit un peu moins de 5500 t de MS en 2020, destinées au retour au sol.

Une gamme variée de Produits Résiduaires épandus

8 grands types de PR sont aujourd’hui valorisés en agriculture dans le Haut-Rhin, avec un paysage radicalement différent de celui des années 2000.
On note une diminution drastique des épandages de boues cellulosiques. Parallèlement, le compostage s’est développé. Il est aujourd’hui majoritaire (80 %), permettant de limiter les nuisances à l’épandage. De nouveaux PR, comme les boues séchées solaires, les digestats ou, plus récemment, les cendres de chaufferies biomasse, sont aussi proposés aux agriculteurs, comme fertilisants ou amendements. Les épandages de boues liquides ou chaulées ont presque disparu. 

A noter que le tonnage épandu diffère du tonnage produit, notamment du fait de transferts entre départements.

A chacun son intérêt

L’intérêt agronomique est un des fondamentaux du recyclage agricole. 2 types d’effets peuvent être recherchés selon la composition du produit : un effet amendant pour les sols ou un effet fertilisant pour les cultures. Les digestats ont plutôt un effet fertilisant. Les boues cellulosiques sont considérées comme un amendement. D’autres produits sont plus complets et remplissent les 2 rôles à la fois, comme les composts ou les cendres.

A noter que les effets peuvent être plus ou moins différés dans le temps (azote, notamment) et renforcés par des apports réguliers (cf. Optimiser sa fertilisation – spécial azote ou phosphore et potasse). La nature de la matière organique et/ou de la chaux peut également influer notablement sur leur efficacité (cf. InfoPro – spécial matière organique). Par exemple, le carbonate de chaux présent dans les boues cellulosiques a un effet sur le pH du sol moins immédiat que la chaux vive apportée par une boue déshydratée chaulée.

De plus, des effets plus indirects peuvent se manifester, comme la réduction des besoins en irrigation suite à des épandages de boues cellulosiques.
A chacun donc de choisir son PR en fonction de ses besoins et de la disponibilité territoriale du produit.

Des Produits Résiduaires de qualité

La qualité des PR est l’un des 1ers critères qui président au choix de leur mode de valorisation, agricole ou alternatif. Seuls des produits conformes aux exigences réglementaires, concernant les teneurs en éléments et composés traces notamment, peuvent être épandus en agriculture. Leur surveillance analytique est donc primordiale. Elle suit des règles bien définies, en terme de fréquences.
A noter qu’en 2020, comme les années précédentes, l’ensemble des PR épandus dans le département, urbains et industriels, était conforme à un usage agricole.
On observe, par ailleurs, que les teneurs moyennes sont bien en deçà des limites réglementaires, quel que soit le paramètre considéré, avec moins de 20 % pour les ETM et de 10 % pour les CTO. Plus précisément, on remarquera que les éléments les plus représentés sont, assez classiquement, le cuivre et le zinc.
Ponctuellement, certains éléments ou composés peuvent présenter des teneurs plus élevées. Les stations ou installations concernées font alors l’objet d’une surveillance renforcée sur ces paramètres (par exemple, mercure, nickel ou zinc). Les boues des stations du vignoble, elles, sont suivies spécifiquement sur le cuivre, de juin à septembre (période à risque), pouvant conduire ponctuellement à écarter des lots non conformes. Enfin, les résidus issus de stations connues pour l’agressivité de l’eau de leur réseau ou d’industries dont le process est générateur d’éléments traces peuvent également être suivis de la même manière.

NB : Le nombre de mesures qui dépassent la moitié du seuil réglementaire reste limité, moins de 2,6 % des analyses (2 pour le Cadmium, 27 pour le Cuivre, 2 pour le Mercure et 11 pour le Zinc).

Une distribution hétérogène

Les épandages ne se répartissent pas de façon homogène sur le territoire haut-rhinois. Des secteurs sont plus sollicités que d’autres, soit du fait des tonnages de PR disponibles à valoriser, soit du fait des conditions locales, plus ou moins favorables aux épandages de ces matières.
En 2020, près de 4150 ha ont été mobilisés, répartis sur 1000 parcelles cultivées par 186 exploitants agricoles. Ainsi, 122 communes ont été concernées par des épandages, principalement à l’automne.