Dernière mise à jour de la page le 30/09/2026

Les PFAS

Comprendre pour agir

Les PFAS (de l’anglais « per- and polyfluoroalkyl substances », soit « substances per- et polyfluoroalkylées ») font l’actualité depuis plusieurs mois. On entend beaucoup de choses à leur sujet, parfois même contradictoires. Mais que sont-ils exactement et pourquoi en parle-t-on autant ?

L’Echo des Boues vous apporte quelques éléments de réponse.

Les PFAS

Que sont les PFAS ?

Les PFAS sont une grande famille de plusieurs dizaines de milliers de composés chimiques. Ce sont des molécules très diverses, uniquement de synthèse, n’existant pas à l’état naturel. Elles se caractérisent par une chaîne carbonée plus ou moins longue, présentant des liaisons avec des atomes de fluor. Or, la liaison carbone-fluor est extrêmement solide. C’est pourquoi ils sont particulièrement persistants dans l’environnement et peuvent s’accumuler dans les organismes vivants. C’est cette persistance qui leur a valu, à tort, leur surnom de “polluants éternels”.

Ils présentent également des groupements fonctionnels en bout de chaîne, qui leur confèrent leurs propriétés spécifiques : antiadhésives, isolantes, imperméabilisantes, résistantes à l’eau, à la graisse, à la chaleur, etc.

Les PFAS sont ainsi largement utilisés depuis les années 1940-1950. Ils sont présents dans de nombreux domaines industriels et produits de consommation courante. 

Exemples de PFAS à chaîne carbonée courte (PFBS) et à chaîne carbonée longue (PFOA et PFOS) - Source : https://ecotoxicologie.fr/pfas-risque-environnement
Exemples de PFAS à chaîne carbonée courte (PFBS) et à chaîne carbonée longue (PFOA et PFOS) - Source : https://ecotoxicologie.fr/pfas-risque-environnement

D'où viennent-ils ?

On les retrouve ainsi dans de nombreux objets du quotidien :

  • textiles imperméables ou ignifugés, produits « anti-taches » ou « déperlants »,
  • équipements sportifs d’extérieur,
  • ustensiles de cuisine résistants à la chaleurs, revêtements antiadhésifs,  
  • emballages alimentaires (par exemple, résistants aux graisses), contenants jetables, 
  • cosmétiques,
  • médicaments,
  • produits phytosanitaires, etc.

Ils interviennent aussi dans de nombreux usages industriels : usines chimiques, plateformes anti-incendie, traitements de surface…

Les PFAS dans les objets du quotidiens - Source ARS Auvergne Rhône Alpes
Les PFAS dans les objets du quotidiens - Source ARS Auvergne Rhône Alpes

Où les trouve-t-on ?

Les PFAS - Ampleur du phénomène - extrait Les chiffres-clés de l'OIEau - Source https://chiffreclé.oieau.fr
Les PFAS - Ampleur du phénomène - extrait Les chiffres-clés de l'OIEau - Source https://chiffreclé.oieau.fr

Du fait de ces usages diversifiés et de leur faible dégradation, ils s’accumulent dans tous les compartiments de l’environnement : eaux, souterraines et superficielles, sols, air, plantes.

Ils sont présents aussi bien dans :

  • les zones urbaines (produits de consommation, alimentation, eaux usées…),
  • que les zones industrielles (production chimique, aéroports, anciennes zones militaires…),
  • ou les zones agricoles (utilisation de pesticides, engrais et amendements organiques, irrigation, retombées atmosphériques…).

Les voies d’exposition pour l’Homme, directe et indirecte, sont donc multiples : cutanée (cosmétiques, vêtements), respiratoire (poussières…), mais surtout orale (eau, nourriture).

Concernant les eaux usées, elles sont le reflet de nos modes de vie et de consommation. Elles contiennent donc des PFAS. Or, pour l’instant, les stations d’épuration ne sont pas conçues pour les traiter. Ils vont alors se retrouver, selon leur affinité pour l’eau ou la matière organique, soit dans les eaux de sortie, soit dans les boues.

Pourquoi s’en préoccuper ?

Les connaissances toxicologiques à leur sujet sont encore peu nombreuses. De plus, les effets possibles et/ou avérés ne sont pas transposables d’un PFAS à l’autre.

Toutefois, certains PFAS sont associés à des effets sur la santé humaine : troubles hormonaux, effets sur le foie, le système immunitaire et le développement du fœtus.

Il persiste, cependant, des incertitudes sur la fréquence d’apparition de ces effets. Et peu d’études existent encore sur le risque lié à certains modes d’exposition (cutané ou respiratoire, par exemple).

 

Néanmoins, leur persistance et leur accumulation dans le milieu naturel inquiète. Associées à leur potentielle toxicité et, pour certains, une grande mobilité, elles font de leur surveillance un enjeu sanitaire et environnemental important et légitime.

Quelle règlementation ?

Actuellement, la réglementation relative aux PFAS évolue rapidement.

L’Union européenne prépare une restriction globale sur les PFAS d’ici à 2030. En France, un plan interministériel a été lancé en 2024. Il s’articule autour de 5 axes majeurs et présente 26 actions concrètes pour réduire les risques liés aux PFAS.

La réduction des émissions, le plus en amont possible, est privilégiée. Cette option induit une certaine inertie, inévitable. Mais elle est, indiscutablement, la plus efficace à terme.

Dans ce cadre, la Loi du 27 février 2025 visant à protéger la population des risques liés aux substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées planifie l’interdiction progressive des PFAS dans certains produits. Elle prévoit également une surveillance et une régulation des PFAS dans les eaux, avec des analyses régulières. Enfin, elle instaure une redevance sur les rejets de PFAS.

Dans la foulée, un décret est paru le 28 décembre 2025 relatif à la prévention des risques résultant de l’exposition aux substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées. Il établit les règles de mise en œuvre des interdictions de fabrication, d’importation, d’exportation et de mise sur le marché de produits (textiles, fart, cosmétiques, chaussures, agents imperméabilisants) contenant des PFAS.

Loi du 27 février 2025 et décret du 28 décembre 2025 relatifs à la protection de la population vis à vis des PFAS.

Côté analytique, la surveillance des PFAS dans les eaux destinées à la consommation humaine est renforcée depuis 2022. Et 20 PFAS y font l’objet d’une surveillance systématique depuis 2026. De plus, 4 PFAS particuliers sont aussi suivis dans l’alimentation, surtout dans les denrées d’origine animale.

Par ailleurs, d’autres campagnes de mesures ont été instaurées en 2023 et 2024. La première sur les rejets aqueux de certaines installations classées pour la protection de l’environnement soumises à autorisation. Elle porte sur 20 substances. La seconde concerne les émissions atmosphériques des installations d’incinération, de co-incinération et d’autres traitements thermiques de déchets (49 PFAS).

De même, l’arrêté du 3 septembre 2025 impose l’analyse de PFAS dans les eaux en entrée et sortie de stations de traitement des eaux usées urbaines. Il a été modifié le 20 avril 2026 pour y inclure le TFA. Il s’agit d’un PFAS à chaîne ultra courte, très mobile et persistant, omniprésent dans les eaux (souterraines et de surface).

Que fait la filière ?

Plus récemment, la circulaire du 27 avril 2026 s’intéresse à la recherche de PFAS dans les boues destinées à la valorisation agricole des plus grosses stations d’épuration. Elle demande la mise en œuvre de campagnes de mesures de PFAS dans les boues issues de stations d’épuration urbaines et industrielles. Elle fixe également des seuils à respecter pour des groupes de 6 et de 22 PFAS déterminés. En cas de teneurs supérieures à ces seuils, les boues sont écartées de l’agriculture. Les résultats de ces campagnes seront rendus publics.

Enfin, un avis du Haut Conseil de la santé publique sur le sujet est paru le 18 juin 2026. Il devrait servir de base à une arrêté plus global sur les PFAS dans les boues, annoncé pour 2027.

Composés détectés dans les PRO - Source Aurélia Michaud (INRAE UME SAS) et Sébastien Sauvé (Université de Montréal) 2025 (selon étude Munoz et al 2022)
Les composés détectés dans les PRO - Source Aurélia Michaud (INRAE UME SAS) et Sébastien Sauvé (Université de Montréal) 2025 (selon étude Munoz et al 2022)

En amont, une recherche des sources potentielles et des gisements à risques a été engagée. Les conventions de rejet avec les industriels, notamment, peuvent être revues en conséquence.

En parallèle, des études sont menées via des essais de plein champ et de longue durée (essai PRO’spective à Colmar, par exemple). Ceci pour identifier et comprendre les voies de transferts et de circulation dans l’environnement.

De leur côté, les laboratoires travaillent activement à l’amélioration des techniques analytiques (seuils de détection, variabilité interlaboratoires, etc.).